Dans la plupart des entreprises qui vendent à la fois en B2B et en B2C, la question ne se pose même pas. On crée deux services clients distincts. Un pour les professionnels (distributeurs, revendeurs, pharmaciens, intégrateurs…). Un autre pour les consommateurs finaux.
La logique semble évidente : les clients B2B et B2C n'ont pas les mêmes besoins. Les professionnels veulent de la réactivité, des délais garantis, un suivi opérationnel serré. Les consommateurs cherchent du conseil, de la réassurance, une expérience fluide. Deux mondes, deux équipes.
Sauf que cette séparation a un coût. Deux outils différents. Deux bases de connaissance. Deux formations. Deux managers. Et surtout : des silos. Quand un pharmacien remonte un problème consommateur, il faut transférer le dossier. Quand un consommateur appelle pour un produit acheté en pharmacie, on perd le fil.
Avant de décider s'il faut séparer ou non, posons les bonnes questions. Qu'est-ce qui distingue vraiment un client B2B d'un client B2C dans votre contexte ?
Quand ça marche : Vous avez des volumes importants des deux côtés (plusieurs milliers de tickets/an par segment). Les process B2B sont vraiment spécifiques (intégration ERP, gestion de comptes clés, SLA contractuels). Les équipes B2B doivent connaître parfaitement vos outils métiers (SAP, logistique, remises commerciales).
Le piège : Créer des silos étanches. Si vos deux équipes ne se parlent jamais, vous perdez en cohérence. Un client B2B qui remonte un retour consommateur ne doit pas avoir l'impression de parler à deux entreprises différentes.
Quand ça marche : Vos volumes sont moyens (quelques milliers de tickets/an au total). Les compétences B2B et B2C se recoupent en partie. Vous voulez maximiser la polyvalence et la couverture (congés, pics d'activité).
Comment ça fonctionne : Une seule équipe, un seul outil, mais des agents « référents » sur certains sujets. Marie gère prioritairement les clients VIP B2B. Thomas est expert produit pour le B2C. Mais en cas de besoin, ils peuvent se couvrir mutuellement.
Quand ça marche : Vous avez actuellement deux équipes séparées, mais vous constatez des inefficacités (doublons, manque de communication, process divergents). Vous ne voulez pas tout chambouler d'un coup, mais vous cherchez à rapprocher les deux services.
Comment ça fonctionne : Vous unifiez l'outil (une seule instance Zendesk, Freshdesk, etc.) avec deux environnements paramétrés différemment. Les équipes restent distinctes, mais partagent la même plateforme. Résultat : elles se parlent plus, échangent des tickets facilement, et peuvent progressivement harmoniser leurs process.
Les Laboratoires Filorga ont choisi le modèle n°3, avec 2 équipes mais une harmonisation via l'usage d'un même outil..
Deux équipes distinctes (3 personnes en B2B, 3 en B2C), mais une seule instance Zendesk. Pourquoi ? Parce que les process sont différents :
côté B2B, il faut gérer 3000 clients professionnels, des livraisons en palettes, des animations terrain
côté B2C, ce sont 6000+ demandes annuelles, de la modération de réseaux sociaux, du conseil produit pointu.
Mais en partageant le même outil, les deux services ont gagné en fluidité.
« Aujourd'hui, il n'y a pas un jour où on ne se parle pas, alors qu'avant c'était moins systématique », témoigne l'équipe.
Quand un pharmacien remonte un problème consommateur, le ticket est transféré en un clic. Quand une tendance émerge côté B2C, elle est visible par l'équipe B2B — et inversement.
Voici comment décider quel modèle adopter :
La bonne nouvelle : rien n'est figé. Vous pouvez commencer par un modèle et ajuster. Beaucoup d'entreprises démarrent avec une équipe unique, puis créent une cellule B2B dédiée quand les volumes explosent. D'autres font l'inverse : elles fusionnent deux équipes historiquement séparées pour gagner en agilité.
L'essentiel est de ne pas subir l'organisation par défaut. Posez-vous la question régulièrement : cette structure sert-elle encore nos clients — et nos équipes ?
Parce qu'au fond, B2B ou B2C, l'objectif est le même : résoudre un problème, vite et bien. Le reste n'est qu'organisation.